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Marche en 2 ou 3 temps : Quelques explications…

Marcher en 2 ou 3 temps ?

Lors de l’analyse clinique de la marche d’une personne, il y a de nombreuses caractéristiques à observer. Parmi celles-ci, le nombre de temps que comporte le cycle de marche est un élément très facile à objectiver. Cette observation apporte en outre de nombreuses informations sur les capacités de marche. 

Voyons ensemble quelle est la différence entre une marche en 2 temps et une marche en 3 temps.

Un personne saine

La marche d’une personne saine sur sol régulier est dite « en deux temps ».
C’est en effet un cycle comportant un temps d’appui du pied droit et un temps d’appui du pied gauche.
Lorsque l’on regarde cette personne marcher, nous pouvons « droite – gauche – droite – gauche –   … ». Nous pouvons également compter « 1-2-1-2-1… ». L’intervalle de temps entre 1-2 et 2-1 est identique.

 

Une personne saine avec béquille

Si nous demandons à cette même personne de marcher avec une canne béquille, elle déplacera sa béquille de manière synchronisée avec la jambe opposée : Même temps de contact au sol et même temps d’oscillation.

De la même manière que sans béquille, nous pourrons dire « droite – gauche – droite – gauche –   … ». Nous pourrons également compter « 1-2-1-2-1… ». L’intervalle de temps entre 1-2 et 2-1 est également identique.

La marche avec cette béquille n’interfère pas avec la vitesse et la fluidité de la marche.

Personne hémiplégique

Il n’en est pas de même avec une personne présentant de gros troubles moteurs. En effet, si nous observons une personne hémiparétique en début de rééducation, celle-ci adoptera sans doute une marche dite « en trois temps ». Le cycle de marche comportera un temps pour l’appui pour la canne, un pour l’appui d’un pied et un dernier pour l’appui de l’autre pied.

En observant cette personne, nous pourrons dire « canne – pied gauche – pied droit – canne – pied gauche – pied droit – … ». Nous pourrons également compter « 1-2-3-1-2-3-1-… ». Le temps de double appui est augmenté significativement.

Une personne fortement déficitaire n’est pas capable de tenir en équilibre sur un pied le temps de déplacer l’autre jambe et la canne (comme une personne saine). Elle fait donc une pause, en appui sur ses deux pieds, en équilibre, pour avancer sa canne. C’est une compensation, une adaptation face à sa situation difficile.

 

Personne saine en situation délicate

Notez qu’une personne saine dans une situation délicate (montagne) adopte ce même type de marche en 3 temps pour assurer sa sécurité

 Personne hémiplégique avec une Wheeleo

Afin de permettre à un patient de marcher en 2 temps (répétition d’un pattern de marche correct) de manière précoce et spontanée, il peut être judicieux d’utiliser une canne à roulette Wheeleo. En effet, par son appui constant au sol, la Wheeleo donne un appui supplémentaire durant tout le cycle de marche, rendant la marche plus fluide, plus stable, plus rapide et plus confortable.

En observant marcher avec une Wheeleo une personne marchant d’habitude en 3 temps avec une canne classique, nous pourrons dire « droite – gauche – droite – gauche –   … ». Nous pourrons également compter « 1-2-1-2-1… ». L’intervalle de temps entre 1-2 et 2-1 tendant à une plus grande symétrie.

Le patient respecte son besoin d’avoir toujours deux appuis au sol tout en adoptant une démarche proche de la normale.

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Indications de la Wheeleo

Wheeleo – Les indications

Définition :

D’un point de vue descriptif, la Wheeleo est une canne quadripode à roulettes.
D’un point de vue fonctionnel, la Wheeleo peut être considérée comme un rollator(4 roues) à une main.

Contexte :

Pour bon nombre de personne, le passage d’un cadre de marche à un rollator à quatre roues permet d’améliorer la fluidité, la stabilité, le confort à une vitesse de marche plus élevée. En effet, l’utilisateur ne doit pas s’arrêter pour déplacer son cadre. Il ne perd pas son appui au sol.

La Wheeleo est basée sur cette même évolution.

Dans quel cas la Wheeleo peut-elle être indiquée ?

  1. Quand il n’y a qu’une main fonctionnelle/valide/disponible :

  • Paralysie du membre supérieur (hémiplégie, traumatisme, TC, SEP, …)
  • Amputation du membre supérieur
  • Bras dans le plâtre
  • Un bras est utilisé pour porter ou manipuler un objet (tasse de café, …)

La Wheeleo apporte un appui constant au sol, offrant stabilité, confort, sécurité et fluidité de marche…

 

  1. Quand la manipulation d’un rollator est compliquée, par manque d’espace.

Bon nombre d’utilisateurs de rollator ne l’utilisent pas à l’intérieur, faute de place. Ils se déplacent alors sans rien ou avec une canne. Ils perdent donc l’avantage du rollator.

La Wheeleo offre une maniabilité importante par rapport un rollator, avec la même sensation d’appui constant.

  1. Pour une personne mal voyante avec une mobilité réduite (âge, pathologie)

La coordination entre une canne blanche (balayage latéral) et une canne classique (lever, avancer, déposer, …) est un exercice presque impossible.

La Wheeleo ne requiert pas d’attention pour être manipulée correctement. L’utilisation de la Wheeleo est compatible avec la coordination d’une canne blanche.

 

  1. Quand un rollator donne trop d’aide, alors qu’une canne classique donne trop peu d’aide.

  • Gériatrie
  • Orthopédie (PTH, PTG, amputés appareillé, arthrose, polyarthrite, …)
  • Neurologie

La Wheeleo est une bonne transition entre un rollator et une canne de marche : l’effet d’un rollator et l’encombrement d’une canne. Idéal pour favoriser la fluidité de la marche.

 

  1. Pour la personne qui a besoin du soutien d’une personne (« bras dessus-dessous ») pour se sentir à l’aise pour marcher.

La Wheeleo remplace ce soutien. La personne retrouve ce petit appui qui lui permet de marcher en sécurité. Elle peut remplacer la personne de soutien.

 

  1. Quand la coordination de la marche avec une canne est problématique. : Pks, démence, …

L’utilisation de la Wheeleo ne requiert pas une attention importante (charge cognitive faible)

Le profil « idéal » est la personne qui marche à l’intérieur avec une canne de manière asymétrique, lente et en trois temps (déplace un pied, l’autre pied, ensuite la canne).

La Wheeleo permet naturellement une marche en 2 temps, avec une plus grande symétrie, des pas plus grands, une vitesse plus importante tout en gardant le même niveau de stabilité et de confort.

Bien sûr, comme tout aide à la mobilité, la Wheeleo ne peut convenir à toutes les situations. Une évaluation de l’intérêt de la Wheeleo doit être effectuée pour éviter tout risque de chute.

Vous utilisez la Wheeleo dans une autre indication ? Partagez votre expérience !

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FAQ : Wheeleo en 12 points

Questions fréquemment posées : La Wheeleo en 12 points

A force de présenter la Wheeleo® aux personnes que je rencontre, je m’aperçois que la Wheeleo génère les mêmes interrogations, les mêmes réticences, le même étonnement…

Et pourtant, force est de constater que plus l’atteinte fonctionnelle à la marche semble marquée, plus cette nouvelle aide technique à la marche a un impact positif. La réticence initiale du thérapeute laisse alors la place à une marque d’intérêt d’autant plus grande pour ce produit innovant.

J’ai décidé de faire cet article pour vous présenter tout ce qu’il faut savoir sur la Wheeleo en espérant peut-être un jour en discuter de vive voix et vous permettre de la tester.

Cet article est le fruit de 4 années d’expérience en rééducation neurologique avec la Wheeleo® au Centre Hospitalier Neurologique William Lennox (Belgique). N’hésitez pas à laisser vos réflexions ou témoignages en commentaire.

 1. Un rollator à une main

En une phrase et pour faire court : la Wheeleo® est l’équivalent d’un rollator utilisable à une main. Elle est utile pour une personne hémiplégique n’ayant qu’une main valide ou pour une personne n’ayant pas assez de place dans son habitation pour manipuler son rollator. Elle est la transition idéale pour passer d’un rollator à une canne.

La Wheeleo® est l’évolution de la canne quadripode comme le rollator est l’évolution de la tribune.

Elle ressemble visuellement à une canne quadripode mais fonctionne comme un rollator.

2. Toujours au bon endroit !

Si vous n’avez pas encore eu une Wheeleo® en main, vous vous dites sans doute que le risque est de partir vers l’extérieur ou l’avant et/ou de se faire emporter par la Wheeleo®. Cette même peur était présente lors de l’arrivée du rollator il y a plusieurs décennies. Si cela arrive, il faut alors considérer une autre aide. Vous savez malgré tout que les patients qui plongent en avant avec leur rollator ne sont pas la majorité. Si ce problème est présent avec votre patient, c’est que la Wheeleo ne lui convient pas. Il faut alors considérer une autre aide technique.

En réalité, ce risque est faible. Pour déplacer la Wheeleo® latéralement, vous devez faire un mouvement latéral. Si vous faites ce même mouvement avec une canne classique lors de l’appui, elle bascule et c’est la chute. La Wheeleo® va, elle, se déplacer sans basculer.

Il est important de comprendre pourquoi le patient pourrait faire un mouvement latéral. Lors d’un déséquilibre nous avons tous l’envie de nous retenir de tomber en plaçant la main à un endroit bien précis, dans l’axe du déséquilibre. C’est naturel, spontané et assez logique. La canne classique sera rarement au bon endroit pour corriger le déséquilibre facilement. A l’inverse de la canne classique, le patient placera spontanément la Wheeleo® au bon endroit, à l’endroit exact qui lui permettra de corriger le déséquilibre. Même en appui, elle pourra être déplacée pour s’adapter à la position du corps et aux déséquilibres potentiels.

Le fait que la Wheeleo® soit naturellement au bon endroit induit un sentiment de confort et de sécurité. Le patient gère mieux son équilibre et se sent naturellement capable d’adopter une marche plus rapide.

3. Fluidité de la marche

Le patient hémiparétique ou déficitaire (âge, amputé, …) en début de rééducation marche de manière saccadée. Face à ses déficits, il cherche logiquement à garder constamment deux appuis pour maintenir son équilibre. Nous faisons exactement la même chose lors d’un passage délicat en montagne. Il adopte alors une marche en 3 temps : il déplace une jambe, ensuite l’autre jambe et s’arrête ensuite sur ses deux jambes pour déplacer sa canne.

Avec la Wheeleo®, le patient va pouvoir maintenir un appui constant sur sa canne. Il pourra alors alterner ses appuis. Il garde ses deux appuis mais adopte une marche plus proche de la normale : une marche en deux temps, sans temps de pause, plus symétrique. Il gagne en fluidité, et en rapidité. Au lieu d’avancer 2 temps sur 3, il avance 2 temps sur 2. Il gagne en moyenne 30%. Une première étude a objectivé ce résultats. En attendant la publication de l’article, vous pouvez télécharger le poster présenté au congrès ISPRM 2018 à Paris en juillet 2018. www.bit.ly/isprm2018posterwheeleo

L’amélioration de la fluidité de la marche est l’amélioration la plus perceptible, par le patient, le thérapeute et par tout observateur.

4. Symétrie

Lorsque le patient soulève sa canne pour la déplacer, il s’arrête sur ses deux appuis pour garder un maximum d’équilibre. Spontanément, il va placer ses deux appuis avec un faible écartement antéro-postérieur car c’est la position la plus stable. La marche en trois temps avec le déplacement de la canne accentue donc la tendance à l’asymétrie de la marche du patient.

De plus, le patient peut avoir peur du déséquilibre en avant lorsqu’il avance sa jambe du côté de la canne (bon côté). Il n’ose pas dépasser la canne car celle-ci se retrouverait en arrière du corps. Dans cette situation, la canne ne sera pas bien placée pour permettre de corriger le déséquilibre antérieur. En revanche, la Wheeleo® reste en avant du corps ce qui réduit la peur de la chute en avant et favorise la symétrie de longueur du pas.

5. Réglages

La Wheeleo® est évidemment réglable en hauteur et peut être utilisée de la main droite ou de la main gauche sans changement de réglage. Il y a un côté moins encombrant qui sera le long du corps et un côté plus encombrant à l’extérieur. Le réglage de la hauteur s’effectue en tirant sur le bouton d’indexation sans le dévisser. Plus le patient progresse, plus la poignée peut être placée haute (coude fléchi). Cela donnera un sentiment de sécurité sans pour autant autoriser un appui important. Elle remplace la main du personnel soignant.

Pour un patient présentant une latéropulsion, nous veillerons à mettre la poignée plus basse afin d’induire une inclinaison du tronc vers la canne (chercher l’appui), corrigeant ainsi en partie l’inclinaison du tronc vers « l’extérieur ».

6. Un frein ?

La question que tout le monde pose : « Ne faudrait-il pas un frein comme sur les rollators ? »

Non…

Contrairement à un rollator, la base de sustentation n’est pas assez grande. Si le patient qui se déplace avec la Wheeleo® freine et bloque les roulettes, nous observerions une bascule de la Wheeleo® et sans doute une chute à la clé.

Après utilisation de la Wheeleo®, cette question n’est en général pas d’actualité pour la majorité des patients.

La présence de bouchon sous une canne classique ne permet pas pour autant d’empêcher de « partir en avant ». La seul façon correcte d’utiliser une canne est en effectuant une poussée verticale et non une traction ou poussée horizontale.

Sauf pour une toute partie de la population, il est plus intéressant de ne pas mettre les freins du rollator lorsque le patient se lève ou s’assoit.

7. Charge cognitive + faible

La marche avec une canne et à fortiori en trois temps est une nouvelle coordination que certains patients (neuro ou gériatrique) ont du mal à acquérir. Le patient met beaucoup d’attention sur le déplacement et la gestion de la canne classique au détriment du reste.

La Wheeleo® est naturellement bien manipulée par le patient. Aucune nouvelle coordination ne doit être acquise. Il adopte une marche proche de la normale qu’il connait bien. Le patient est alors plus attentif aux choses les plus importantes (passage du pas, équilibre, redressement, côté héminégligent, …). Elle est très maniable lors des changements de direction.

Pour cette raison, la Wheeleo® peut être bien indiquée pour les personnes présentant des troubles cognitifs légers.

8. Tout terrain ?

La Wheeleo® n’est pas prévue pour une utilisation extérieure tout terrain. En effet, les petites roues ne permettent pas facilement de passer les aspérités des terrains extérieurs (pavé de travers, gravier, …). Elle ne pourra être utilisée que sur des environnements « contrôlés », lisses.

La Wheeleo® est conçue pour une utilisation intérieure. C’est une limite connue par rapport à une canne classique. Ou un rollator.

Néanmoins, en général, le profil de patient qui pourrait avoir besoin de cette canne n’est pas le profil de patient qui se déplace en tout-terrain dans la ville, sur de grande distance.

Une autre solution est à l’étude pour corriger cette limite.

9. Dépense énergétique

La première étude clinique (publication en cours) et le feedback des patients tendent à démontrer que la dépense énergétique est moindre. Le patient est plus confortable, et plus performant (marche en 2 temps). Il dépense moins d’énergie à déplacer sa canne. Il perd moins de temps et dépense moins d’énergie pour parcourir une même distance.

10. Effets directs et effets à long terme

Les premiers effets de la Wheeleo® sont observés directement, dès les premiers pas. Même un patient présentant une hémiplégie depuis une longue durée peut profiter de ces effets. Ils sont facilement observables et objectivables.

Sans avoir encore pu le prouver scientifiquement mais au travers de nombreuses observations cliniques, nous faisons l’hypothèse que la rééducation avec la Wheeleo®, de manière précoce, optimise la rééducation. Le patient pourrait être rééduqué plus rapidement et atteindre un meilleur niveau final. De nombreux défauts sont atténués voire effacés avant même qu’ils n’apparaissent. Les durées de séjour pourraient être diminuées.

De nombreux outils de rééducation existent (Lokomat®, LiteGait®, GaitTrainer®, …) pour optimiser la rééducation en permettant une marche la plus proche de la normale de manière précoce. A l’image de ces outils, la Wheeleo® optimise la rééducation en catalysant les possibilités du patient.

L’effet direct de la Wheeleo® permet au patient d’atteindre plus rapidement le seuil d’indépendance. Il peut alors marcher seul et, par exemple, retourner à pied dans sa chambre après sa séance de rééducation. Ce passage est une étape clé dans la rééducation car elle va booster la rééducation en augmentant le volume de marche du patient. Au lieu de marcher une ou deux fois par jour en kiné, il va pouvoir marcher beaucoup plus longtemps.

11. Outil de rééducation et aide à la mobilité

La Wheeleo® est avant tout un outil permettant de favoriser la rééducation. De nombreux patients pourraient l’utiliser lors des premiers pas avec canne, juste après la rampe ou les barres parallèles. Heureusement pour eux, un grand nombre d’entre eux vont progresser jusqu’à ce qu’ils soient capables de marcher correctement avec une canne classique (béquille, canne simple, …). Une petite partie d’entre eux vont garder des séquelles importantes. Ceux-ci bénéficieront encore de la Wheeleo®, même de retour à domicile ou en maison de repos.

12. Remboursement sécurité sociale

A l’heure actuelle, il n’y aucun remboursement de la sécurité sociale (Belgique et France). En Wallonie, l’AVIQ offre une aide financière de 50€ pour ceux qui rentrent dans les critères (- de 65 ans). Il faut savoir que la Wheeleo ne rentre dans aucune nomenclature existante. Elle n’est ni une canne, ni un rollator. Il nous semblait plus intéressant de commencer par tester le produit auprès des professionnels de la santé avant de se lancer dans de longues démarches.

Vu l’intérêt des rééducateurs et patients, obtenir les agréments pour un remboursement est un objectif pour 2019.

En Belgique, cette matière a été régionalisée. Cela complique les démarches.

Conclusion

La Wheeleo est une nouvelle canne de marche, à mi-chemin entre une canne quadripode et un rollator. Elle peut modifier positivement la marche de la personne qui l’utilise, laissant entrevoir la possibilité d’améliorer la rééducation (plus vite et mieux) et favoriser l’autonomie du patient.

Qu’en pensez-vous ? Réticence ou enthousiasme ?